Films de la semaine

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Séances
Hommage à Jacques Rivette

LE PONT DU NORD

cineclub
Jacques Rivette
France, 1982, 2h09

Avec Pascale Ogier, Joe Dann, Benjamin Baltimore

Marie sort de prison et cherche à retrouver son ancien compagnon. Elle croise Baptiste, une jeune marginale qui parcourt Paris en mobylette, piste les lions de la capitale, épie les « Max » (une sorte de police parallèle déclinée en de multiples avatars que les rues de Paris secrètent en nombre). Déambulant ensemble, elles vont se retrouver plongées dans d’obscures affaires liées aux feux mal éteints de la lutte armée.

 

 

Paris et ses mystères… Lieu de complot, de secrets et d’obscures machinations, la capitale française est un jeu de l’oie, une toile d’araignée aussi, où se déplacent – au risque de la chute ou du piège – des personnages déphasés (une taularde que sa claustrophobie oblige à rester en extérieur, une jeune femme dont la démarche et les gestes empruntent tantôt au western, tantôt au kung-fu). Le film de Rivette s’inscrit au croisement de plusieurs grandes traditions : la tradition cinématographique du serial (on pense évidemment à Louis Feuillade) ; celle du roman-feuilleton (Les Mystères de Paris d’Eugène Sue ne sont pas loin) ; celle des sociétés secrètes hantant L’Histoire des Treize d’Honoré de Balzac – bref, la tradition d’un fantastique social que le 19ème siècle littéraire français avait inventé, et qui se prolongea dans l’esprit de quelques films du 20ème siècle. Rien n’a changé depuis Balzac : Paris est gouvernée par des forces de l’ombre (ce sont les « Max »), citadelle minérale défendue par ses lions (du majestueux lion de Belfort trônant au centre de la place Denfert-Rochereau aux lions qui entourent le Monument à la République sur la place éponyme) et parsemée de signes mystérieux qu’il faut savoir déchiffrer pour rester en vie. À l’époque du tournage, on démolissait et on construisait beaucoup (ce qui fait dire à Baptiste : « La nature, c’est du passé ») : la politique de grands travaux fait de Paris un champ de ruines propice aux hantises : les fantômes sont partout.

cinéma
Vendredi 27 Mai 20:30
Ciné-club