Films de la semaine

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Séances

LA BELLE EQUIPE

cineclub
Julien Duvivier
1936, 1h35, noir et blanc

Avec Jean Gabin, Charles Vanel, Raymond Aimos, Viviane Romance

 

Jean, Charles, Raymond, Jacques et Mario, ouvriers au chômage se partageant un meublé dans un hôtel parisien sordide, gagnent ensemble une confortable somme à la loterie nationale. Plutôt que de séparer leurs destins, ils décident de mettre l’argent en commun dans l’achat d’un vieux lavoir des bords de Marne dont ils feront une guinguette.

 

En cette année de commémoration des quatre-vingts ans du Front Populaire, il est intéressant de revenir à cette œuvre érigée comme emblème de ce mouvement politique et social. Car à revoir aujourd’hui ce film très pessimiste, le malentendu paraît évident. Certes, l’ouverture du film décrit avec réalisme les jours difficiles de cette poignée de prolétaires unis comme les doigts de la main (ils sont cinq), opposant leur débrouillardise aux tracas du quotidien, décampant à la vue d’un uniforme (Mario est un réfugié espagnol à qui la France refuse l’asile politique), supportant les insultes d’un marchand de sommeil qui définit le chômeur comme « un fainéant qui cherche du travail, en priant Dieu de ne pas en trouver ». Certes Jean, qu’incarne Jean Gabin, s’indigne des projets individualistes que leur soudaine richesse engendre chez ses camarades pour prôner au contraire la nécessité de l’union et du projet collectif. Mais Duvivier et son coscénariste Charles Spaak, s’échineront à démontrer la fragilité de la solidarité, multipliant sans mesure les péripéties antagonistes : météorologiques (le déluge s’abat sur le chantier fragile) ; politiques (la menace d’expulsion qui pèse sur Mario) ; sociales (l’ancien propriétaire du lavoir entend faire valoir ses droits sur la guinguette) ; amoureuses (les femmes, candide ou vénale, insuffleront une jalousie dévastatrice – la misogynie de Duvivier est un fait).

La programmation de La belle Équipe a été imaginée en dialogue avec Voyage à travers le cinéma français, documentaire de Bertrand Tavernier qui sortira en octobre. À partir de ses souvenirs de cinéphile, et au fil des rencontres nées de ses nombreuses activités dans le cinéma (cofondateur du ciné-club Le Nickel Odéon, critique pour de multiples revues, attaché de presse du producteur Georges de Beauregard, assistant de Jean-Pierre Melville, etc.), Bertrand Tavernier se souvient du cinéma français – à la manière de Martin Scorsese investiguant le cinéma américain (Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain, 1995) et le cinéma italien (Mon voyage en Italie, 1999). Abondant en citations qui communiquent une furieuse envie de revoir les films, le documentaire refuse la chronologie, assume la subjectivité du parcours (Tavernier ne parle à peu près que de ce qu’il aime, il évoque les œuvres à partir des individus qu’il a souvent côtoyés ou croisés), choisit comme principe structurant la concaténation (c’est parce qu’on évoque l’œuvre de Jean Renoir que s’ouvre le chapitre consacré à Jean Gabin, qui introduit celui consacré à Marcel Carné, lequel conduit au compositeur Maurice Jaubert, …). C’est à cette envie que nous avons cédé, et choisi d’ouvrir la saison 2016-2017 du ciné-club avec La belle Équipe.

 

Fabienne Duszynski

cinéma
Mardi 18 Octobre 20:30
CIné-club
Cinéma
Jeudi 27 Octobre 15:45
Ciné-thé