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Séances

Dragon Inn

cineclub {vo}
De King Hu
Taïwan, 1967, 1h51

Ling-Fen Shang Kuan, Ying Bai, Feng Hsu, Han Hsieh, Han Ying-Chieh

Un ciné-club un peu exceptionnel puisque précédé de la présentation d’une étape de travail de la prochaine création d’Anne Nguyen (Cie par Terre), chorégraphe en résidence à l’Espace 1789 : Kata.

 

Au 15ème siècle, sous la dynastie Ming, l’eunuque Cao Shaoqin détient le pouvoir grâce au contrôle de l’armée secrète et de la Chambre orientale, agence d’espionnage. Il fait exécuter le Ministre de la défense Yu, et condamne ses enfants à l’exil – prétexte à leur exécution sur la route. C’est sans compter le secours providentiel ou concerté de quelques protecteurs aguerris : Xiao Shaozi, un épéiste errant ; les frères Zhu ; Wu, tenancier de l’auberge, mais aussi ancien général du ministre Yu ; enfin deux jeunes soldats tatars enrôlés de force dans l'armée secrète. Bientôt, l’auberge du Dragon, située près de la frontière, sera le théâtre de combats épiques entre ces différents protagonistes.

 

"Né à Pékin, King Hu fuit à Hongkong la révolution culturelle ; il y débute au cinéma sous la tutelle de la mythique société de production « Shaw Brothers », y réalisant son premier wu xia pian, L’Hirondelle d’or. Les frères Shaw tentent en vain de mettre au pas son perfectionnisme (donc son désir de tout contrôler, du scénario aux décors et au montage) ; Hu rompt avec eux et s’installe à Taïwan pour réaliser Dragon Inn. Littéralement « film de héros martial », le wu xia pian est un genre cinématographique chinois à la croisée du film de cape et d’épée (on s’y bat au sabre) et du western (l’inscription dans le paysage, l’usage du Scope). Hu revisite et s’approprie un genre qui, né dans les années vingt, connaît alors son âge d’or : il y attribue une place de premier plan aux femmes ; il y manifeste le désir d’inscrire son cinéma dans la mémoire de la peinture classique chinoise et de la calligraphie, et notamment dans les scènes d’action (« il faut considérer les lames de ses héros comme autant de pinceaux », Adrien Gombeaud) ; il puise dans l’opéra chinois les ressources chorégraphiques de ses scènes de combats – comme en témoigne son acteur Ying Bai, « les chorégraphies de King Hu ne viennent pas des arts martiaux mais de la danse et de l’opéra de Pékin » ; enfin, visant une représentation authentique de la Chine médiévale, il ouvre le genre à un réalisme inédit, véhicule approprié à la critique politique de la Chine des années soixante. Jia Zhang-ke s’en souviendra avec A Touch of Sin, hommage référencé à A Touch of Zen, le film majeur de King Hu." Fabienne Duszynski

Vendredi 22 Avril 20:00
Cine club