Films de la semaine

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Séances
ciné-club présenté par Fabienne Duszynski

Blow Out

cineclub {vo}
Brian De Palma
Etats-Unis, 1982, 1h47

John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow, Dennis Franz, Peter Boyden

Ingénieur du son travaillant sur des séries B érotiques, Jack Terry capte un soir, par hasard, le bruit d'un accident de voiture au cours duquel un politicien promis à la présidence des Etats-Unis trouve la mort. Il découvre l'existence d'un complot qu’il va tenter de révéler.

Cinéaste cinéphile, Brian de Palma a développé une œuvre maniériste qui emprunta beaucoup à l’histoire du cinéma – et notamment au cinéma d’Alfred Hitchcock, pour ne citer que la référence la plus manifeste et la plus visitée. C’est du Blow Up d’Antonioni (immense film sur la difficulté ontologique à faire confiance à l’image, fut-elle enregistrée) que s’inspire Blow Out – dont l’intrigue se déplace de la photo au cinéma, de l’image fixe au montage audio-visuel, et sans doute des considérations essentiellement esthétiques à des réflexions autrement plus politiques. Car loin de l’exercice de style ou du décalque malin, ce thriller hanté par la mort de John Fitzgerald Kennedy et sa restitution par le fameux film d’Abraham Zapruder montre que la manipulation est aussi politique (c’est tout un). « L'homme des remakes conceptuels et critiques, de la prise de conscience de la perte définitive de l'innocence des images de cinéma » (Jean-François Rauger) est également le citoyen sceptique et critique constatant la fin des illusions politiques. Le miracle de Blow out, c’est que cette réflexivité développée vis-à-vis du cinéma et de l’histoire s’incarne avec tant d’évidence dans la forme du mélodrame. Contre toute attente, le film a rejoint la longue liste des échecs commerciaux de De Palma – avec Outrages, L'Impasse, Le Bûcher des vanités, Redacted… – du moins en son pays, où il n’a jamais été appréhendé qu’avec beaucoup de circonspection. « Aux Etats-Unis, je suis fini, je suis le plus gros sujet de rigolade après Jerry Lewis », déclarait-il. Ce qui n’est pas une mauvaise compagnie, penseront les cinéphiles français.

 

 

A voir avant ou après le ciné-club : CLOSE ENCOUNTERS WITH VILMOS ZSIGMOND, De Pierre Filmon (France, 2016, 1h21, documentaire, VO)

cinéma
Vendredi 20 Janvier 20:30
Ciné-Club