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LES CONFERENCES SUR L'ART CONTEMPORAIN DE LA SAISON 2006 - 2007
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Le vendredi 20 octobre à 18h30. |
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L’art doit-il être forcément beau ? |
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Mais qu’est-ce que le beau ? Pourquoi est-il si difficile de renoncer à l’équation : art égale beauté ?
De la Renaissance à l’époque moderne, nous remonterons le fil du beau pour constater les nombreux avatars subis par cette idée. Les Romantiques disaient déjà : « Le beau, c’est le laid » et Martial Raysse, co-fondateur du Nouveau Réalisme, mouvement né à Paris dans les années 60, d’ajouter, extrémiste : « La beauté, c’est le mauvais goût ». En nous appuyant volontiers sur l’Arte Povera, nous constaterons qu’aujourd’hui il y a autant d’artistes que de manières de créer, que la vérité d’une œuvre trouve sa logique en elle-même, que la question du beau s’est déplacée…
26mn pour une œuvre : James Lee Byars (1932-1997)
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Le vendredi 24 novembre à 18h30. |
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L’art doit-il ressembler à quelque chose ? |
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Durant des siècles, l’art a traité de thèmes connus de tous, immédiatement reconnaissables. À la Renaissance, la vraisemblance devient maîtresse avec l’illusionnisme de la perspective. En Occident, l’art abstrait dont on repère les prémices dès le début du XIXe siècle, chez Turner puis chez Monet, remet en cause cette vision bien ordonnée. C’est pourquoi, héritier de toutes ces transgressions, l’artiste d’aujourd’hui crée des « images », sans nécessairement se soucier de vraisemblance !
26mn pour une œuvre : Erwin Wurm (1954)
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Le vendredi 8 décembre à 18h30. |
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L’art, est-ce seulement de la peinture ou de la sculpture ? |
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Depuis presque un siècle (1916), les dadaïstes ont proclamé haut et fort la mort de l’art à l’ancienne, et de l’approche classique par genre. Certes la peinture et la sculpture résistent, mais la face de l’art a profondément changée. Le mouvement Support-Surface par exemple, apparu en 1969, a déconstruit méthodiquement, sous l’influence de l’idéologie marxiste, les éléments matériels qui constituent le tableau. Même si contre toute attente, on assiste dans les années 80, au retour de la peinture expressionniste (Garouste, Combas ou Barcelo). De son côté, la sculpture a beaucoup changé. L’abandon de son rôle allégorique et commémoratif, le rejet des matériaux nobles, l’emploi d’éléments recyclés ou manufacturés, le recours à des matières éphémères, informelles, ont considérablement modifié son profil.
26mn pour une œuvre : Marie-Ange Guilleminot (1960)
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Le vendredi 19 janvier à 18h30. |
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L’art doit-il être fait main ? |
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Dès le début du XXe, Matisse et les Fauves dénoncent le culte du travail « fait main ». En 1913, en exposant une roue de bicyclette, Marcel Duchamp provoque un séisme : le geste de l’artiste ne se confond plus avec sa touche. L’élaboration mentale de l’œuvre prime. Parallèlement à l’industrialisation, le rôle de l’artiste bouge. Aujourd’hui, il est à la tête d’une équipe d’assistants, surveille les étapes de la production d’œuvres. Le cas échéant, il fait appel à des chercheurs, des industriels, des spécialistes …
26mn pour une œuvre : Philippe Cazal (1948)
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Le vendredi 9 février à 18h30. |
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L’art doit-il être accessible à tous ? |
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Andy Warhol déclarait : « Le Pop Art est pour tout le monde. Je ne pense pas que l’art devrait être réservé à une élite … ». Les reproductions de portraits de stars, de produits de grande consommation ou les photos de journaux qu’il exposait agrandies, recoloriées et démultipliées séduisaient le public qui avait le sentiment rassurant d’avoir déjà vu ça quelque part. À l’inverse mais à la même époque, Lawrence Weiner, un autre artiste américain, affirmait qu’il n’est pas nécessaire, face à la surproduction d’images offertes par la société marchande, d’en rajouter ! Au contraire, l’art -pense-t-il- doit offrir un espace de réflexion, marquer une distance par rapport au réel. Ces deux positions résument deux courants de fond qui traversent l’art de part en part, depuis le début du XXe siècle.
26mn pour une œuvre : Jean-Luc Moulène (1955)
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Le vendredi 23 mars à 18h30. |
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Rendez-vous avec un artiste : Eric Rondepierre |
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Depuis le début des années 90, les œuvres d’Eric Rondepierre ont pour source le cinéma ou plus exactement le matériau du film, la pellicule. Puisant dans des films anonymes stockés dans des cinémathèques ou des archives privées, il en extrait des photogrammes* abîmés par le temps ou détériorés par de mauvaises conditions d’archivage (humidité, chaleur, distorsions, brûlures…), photogrammes destinés à être jetés. Ce faisant, il rappelle qu’un film avant d’être une fiction est fait de cellulose, de sels d’argent, et issu d’un processus physico-chimique. Fixant ce qui étant auparavant une image transparente et fugitive, Rondepierre procède ensuite à un agrandissement minutieux de l’image en très grand format, la sauvant de la disparition et lui donnant par ce geste le statut de photographie.
Au fil de séries photographiques à la rigueur toute conceptuelle et aux titres aussi techniques qu’énigmatiques (Plans de coupe, Excédents, Spectre, Précis de décomposition, Les trente étreintes), Eric Rondepierre questionne les coïncidences de sens qui surgissent de la confrontation entre les altérations matérielles, les éléments extérieurs au film (transitions, bandes annonces…) et les images originales qui renvoient plus ou moins directement aux films dont elles sont extraites.
L’œuvre « Confidence » est conservée dans la Collection publique d’art contemporain du Conseil général de la Seine-Saint-Denis
« Confidence » de la série Moires, réalisée de 1996 à 1998, montre une scène emblématique du cinéma : le baiser. L’image -extraite d’un film anonyme du début du XXe siècle- est parcourue de gauche à droite par une volute de lumière moirée, telle une onde qui traverse le couple. Eric Rondepierre a retenu ce photogramme dénaturé par des tâches et des brûlures, son altération donnant un nouveau sens à l’image originale encore présente. Selon l’interprétation de chacun, ce long ruban semble renforcer l’union du couple ou bien se prépare à le séparer ; est-ce une phrase échangée ou une pensée partagée en silence ou le temps qui vient perturber cet instant de bonheur… ? Par la photographie, l’artiste a fixé à jamais une image pourtant destinée à disparaître.
* Le photogramme est un « arrêt sur image » tout à fait imperceptible, en tant que tel, dans le temps normal du visionnage d'un film (24 images par seconde)
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Le vendredi 6 avril à 18h30. |
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L’artiste doit-il avoir de l’inspiration ? |
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Longtemps, la peinture a pris pour thème des scènes de la Bible. L’esprit divin semble alors guider la main de l’artiste. Au XIXe siècle, les romantiques exaltent le sentiment de la nature ! Aujourd’hui encore perdure l’idée d’un souffle créateur qui « habiterait » l’artiste. La science, l’économie, la politique ou l’écologie représentent des sources d’inspiration très … terre à terre ! Mais, en art, rien n’est jamais exclusif et une proposition trouve toujours son contraire. On croise dans la production actuelle des œuvres qui, par leur étrangeté, leur lumière, une certaine invraisemblance ou un sens bizarre du détail, ouvrent à nouveau les portes du rêve, de la magie, de l’inconnu, du sublime.
26mn pour une œuvre : Matthew Barney (1967)
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Le vendredi 4 mai à 18h30. |
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L’artiste contemporain fait-il n’importe quoi ? |
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Décider de vivre de son art constitue un engagement intellectuel, moral et matériel sans équivalent, comparable à un saut dans le vide. Il faut vraiment croire en soi pour entreprendre quelque chose que personne ne vous demande, qui ne répond à aucun besoin immédiat et qui vous renvoie à votre solitude de créateur. « L’artiste n’a jamais qu’une seule idée », a dit un jour le sculpteur Arman. Et cette idée s’incarne à travers des formes dont il faut chercher l’origine dans la mémoire intime de l’auteur, plaque sensible d’émotions fugaces et marquantes. Elle est aussi à chercher dans l’immense bibliothèque des savoirs et de la connaissance...
26mn pour une œuvre : Maurizio Cattelan (1960)
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Initiative produite par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, présentée en partenariat avec les villes d'Aulnay-sous-Bois, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin, Romainville, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis, Saint-Ouen, Sevran, Tremblay-en-France.
Site Internet : http://www.cg93.fr |
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