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VAMPYR OU L’ETRANGE AVENTURE DE DAVID GRAY

Jeudi 12 avril à 20h00




Séance animée par Fabienne Duszynski

 

 

Un jeune homme, David Gray, arrive au village de Courtempierre. Autour de lui, des phénomènes étranges se produisent. Un vieux châtelain, qui vit avec ses deux filles, se dit terrorisé par une vampire et demande protection à Gray.

 

Le Baron Nicolas de Gunzburg aimait le cinéma au point d’avoir le secret désir d’être acteur. Rencontrant Dreyer dont il avait apprécié La Passion de Jeanne d’Arc, il lui propose de produire son prochain film, à condition d’en interpréter le rôle principal. Julian West, c’est donc lui, son pseudonyme pour son unique rôle au cinéma. Dreyer souhaitait réaliser un film sur le surnaturel. Pour l’occasion il se plonge dans l’œuvre de Joseph Sheridan Le Fanu, notamment Carmilla qui lui donne l’idée d’un vampire féminin et surtout L’Auberge du Dragon volant, «seul ouvrage adapté et officiellement crédité au générique. De la nouvelle au film reste non l’histoire mais ses divers emplacements, ainsi qu’un motif obsessionnel (l’angoisse de l’enterré vivant) qui est au centre du récit chez Le Fanu» (Charles Tesson).

 

Réalisé en trois versions (française, allemande, anglaise), tourné en décors naturels et interprété par des acteurs en majorité non-professionnels, le film saisit par son traitement de la lumière (Rudolf Maté signe l’image) pensé dès le scénario : «le paysage est baigné de la lumière grise et faiblissante de l’heure du crépuscule. Tous les objets ont une apparence d’irréalité», est-il indiqué sur la première page. Brumes, brouillard, nuit baignée par le clair de lune, cette «lumière grise» (David Grey?) qui nimbe le film trouble la perception comme l’entendement du spectateur en donnant à de nombreuses scènes une nature indécidable (réel ou irréel?) et aux corps une apparence translucide d’ectoplasme qui se conjugue à l’absence de tout traitement naturaliste. Gray est «cet être, le plus radicalement dépourvu de psychologie que le cinéma ait peut-être jamais proposé, qui traverse le film constamment égaré, étonné, sans passé» (Philippe Arnaud).

 

 



 

vampyr

 

 

 

 

Vous pouvez lire :

 

Carl Theodor DREYER, Réflexions sur mon métier, Ed. Cahiers du Cinéma, 1997



Cast

De Carl Dreyer

France/Allemagne – 1930 – noir et blanc – 75’

Scénario : Carl Dreyer et Svend Rindom, d’après une nouvelle de Joseph Sheridan Le Fanu

Photo : Rudolphe Maté

Ingénieur du son : Hans Bittmann

Musique : Wolfgang Zeller

Interprétation : Julian West ; Sybille Schmitz ; Henriette Gérard ; Jan Hieronimko ; Maurice Schutz